25 septembre 2007
Tempête
Il y a ce froid doux et enveloppant. Il y a cette pluie fine et saisissante. Il y a cette rue longue et grise. Il y a cette musique calme et profonde.
Il y a ces sensations que l'on connait bien et pourtant que l'on ne nomme pas.
Il y a ce préssentiment. On le sait, elle est tapie là, on ne peut pas encore la palper mais elle s'approche, dans toute la majestuosité de sa puissance et de son agressivité. Elle rampe, avec une assurance redoutable. Elle rampe, lentement et elle s'accroche, se nourrissant de son propre mouvement pour gagner en puissance.
Telle une tempête de sable, immense, sublime et silencieuse. Même de dos, on sent sa présence, l'air est différent, l'atmosphère mumure une palpable inquiétude.
Telle une tempête de sable, on lui fait face, tétanisé et on la regarde s'approcher. On la toise, comme pour la défier dans un combat que l'on sait perdu d'avance.
Il y a tous ces éléments que l'on n'a pourtant pas invoqué, mais qui dans une subtile harmonie vous bousculent, vous envahissent. Et puis enfin vous savez. Elle vous possède. C'est à cet instant là que vous savez qu'elle est là, mais vous ne prononcerez pas son nom. Sans même avoir lutté, vous abandonnez.
Il y a ce froid
doux et enveloppant. Il y a cette pluie fine et saisissante. Il y a
cette rue longue et grise. Il y a cette musique calme et profonde.
Telle une tempête de sable, votre immobilisme contraste avec sa vigueur, sa force et son intensité.
Telle une tempête de sable, elle est belle. Majestueuse et impériale, vous la jaugez, vous vous inclinez car elle fait partie de vous. Elle est en vous.
Il y a ces sensations qui font partie de vous et qui n'attendent qu'une seule chose, trouver leur expression. Une expression muette. Une expression physique. Une expression...
Il y a ces moments où on prend conscience de sa propre faiblesse, de l'insignifiance de certaines choses et de la vacuité d'autres. Ces moments où le regard se tourne vers l'intérieur, non pas délibérement. Plutôt incideusement. Car il y avait ce froid
doux et enveloppant. Car il y avait cette pluie fine et saisissante. Car il y avait
cette rue longue et grise. Car il y avait cette musique calme et profonde.
Telle une tempête de sable, elle nous prends de ses doigts fins, puis elle nous libère dans un voile de coton.
Il y a cet homme sur le quai de la gare, assis, les yeux embués.
Car il y avait ce froid
doux et enveloppant. Car il y avait cette pluie fine et saisissante. Car il y avait cette musique calme et profonde.
Il y a cet homme triste qui parfois souhaierait disparaître dans un vent de sable.
Citation du jour: "Sur ce
sentiment inconnu, dont l'ennui, la douceur m'obsèdent, j'hésite à apposer le
nom, le beau nom grave de tristesse." Françoise Sagan.
