Musicology

Internal vibrations.

28 septembre 2007

The Isley Brothers - Body Kiss

Un groupe qui traverse les âges….

 

La carrière des Isley Brothers a débuté dans les années 50, et se poursuit encore à l’heure actuelle, ils ont été l’un des groupes majeurs de cette deuxième partie du XXe siècle et mérite largement leur place dans le Panthéon de la musique. Leur musique est à l’origine de styles musicaux tel que le Rythm and Blues (R’n’b) et le funk.

 

Les frères Isley ont grandi à Cincinnati (Ohio), où ils ont été poussés vers la musique par leur père lui-même chanteur et leur mère pianiste à l’église locale. A l’origine, Ronald, Rudolph, O’Kelly et Vernon Isley forment un quartet de gospel, mais la mort de Vernon en 1955 change l’orientation musicale du groupe et Ronald devient le leader vocal (et le restera pendant plus de 45 ans…).

 

En 1957, les frères se rendent à New York pour y faire leurs premiers enregistrements, où ils se sont repérés par un représentant d’une grande major, et deux ans après ils sortent leur premier single intitulé  « Shout » qui n’atteint pas les objectifs fixés par la maison de disque mais reste l’un de leur plus grand classique. Le deuxième single qui mérite d’être présenté est « Twist and Shout » sorti en 1962 qui devient très rapidement un hit, à tel point qui sera repris Outre-Atlantique par un groupe de jeunes chanteurs blancs venant d’Angleterre et qui se feront par la suite appelés les Beatles. Ce seront les Beatles qui populariseront ce titre.

 

En 1964, les Isley Brothers engagent un jeune guitariste du nom de Jimmy James, plutôt doué il se fera plus tard appelé Jimi Hendrix. L’un des titres les plus marquants enregistré avec les Isley Brothers est « Testify » qui vaut vraiment le détour.

 

Un an plus tard, ils changent de maison de disques et arrivent à la Motown (qui en est alors à ses débuts mais signera par la suite des artistes tels que Marvin Gaye, les Jacksons 5, Diana Ross, Steve Wonder…), maison de disque réputée pour la qualité des compositeurs. Le premier single sous ce label est « It’s your thing » un single très funky qui se place directement numéro 2 dans les ‘charts’ américains, et restera leur disque le plus vendu « This Old Heart Of Mine » et restera un bon moment dans le Top Ten. Ce single sera le seul à la Motown car ils la quitteront un an plus tard pour ressusciter le label T-Bone.

 

Isley_Brothers    En 1969, le groupe connaît un changement important puisque les deux frères cadets Ernie et Marvin intègrent le groupe. Et sous l’impulsion de Marvin à la guitare, le groupe prend une orientation plutôt rock… à un point tel qu’ils collaboreront avec Bob Dylan pour le titre « Lay Lady Lay ». Précurseurs dans le domaine de la fusion des styles musicaux ils sortent en 1973 le single « Who’s that lady » qui est un petit bijou de mélange de rythmiques rock et funk.

 

Dans les années 80, le groupe suit un peu la tendance et compose du disco… mais il le fait bien et je vous conseille d’écouter des titres comme « I wanna be with you » ou encore « Don’t say good night ». A la fin des années 1980, le groupe se sépare, les deux plus jeunes décident de créer leur groupe et O’Kelly meurt en 1986 d’une crise cardiaque.

 

    En 1996, Ronald, Marvin et Ernie se réunissent pour sortir « Mission to Please » et « Eternal » en 2001. Les années 90 voient le groupe collaborer avec des nombreux artistes de la scène R’n’B anglo-américaine, par exemple Jill Scott, ou encore Raphael Saadiq.

 

    Nous arrivons alors en juin 2003 où Ronald et Ernie sortent l’album « Body Kiss » sur lequel je vais m’attarder un petit peu.

« Body Kiss » par The Isley Brothers.

 

 

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Les frères Isley ont été les précurseurs du R’n’b moderne, et la sortie en 2003 d’un nouvel album a créé l’événement. Pourquoi me demanderez-vous ? Parce que dans ce segment musical la concurrence est plutôt rude il y a du monde sur le marché qui fait de la bonne, et de la bien moins bonne musique. Alors pour marquer le coup, les frères Isley décident de s’entourer d’un des plus grands producteurs de la scène Rythm and Blues : j’ai nommé Robert Kelly que l’on appelle plus communément R.Kelly. Ce dernier ayant littéralement explosé les charts avec son album « R » décide de (re-)signer (puisqu’il a produit l’album précédent) une production de prestige avec les deux frères Isley : Ronald leader vocal, et Ernie à la guitare.

 

Après l’aspect business, passons à l’aspect purement musical : The Isley Brothers font des ballades et ils les font bien, très bien aidés par R.Kelly dont certaines mélodies sont vraiment imparables « What would you do » en est un très bon exemple (où Robert assure le background vocal).

 

Notons que pour assurer un succès commercial à cet album, la présence de Snoop Dogg qui à mon sens n’a absolument rien à faire là mais comme on dit au pays de l’Oncle Sam « Business is Business ».

 

Voilà pour l’analyse périphérique, passons désormais au concret : la musique.

 

Ce qui surprend lors de la première écoute, c’est que chaque titre est réellement différent, ça ne sent pas l’album préfabriqué avec des mélodies déjà entendues des milliers de fois. L’entrée en matière se fait par le très funky « Superstar », Ernie assure à la guitare une rythmique funk et légère qui permet à Ron de poser sa voix envoûtante sur ce morceau très plaisant.

 

Tous ces titres sont de très jolies ballades, mais on se laisse porter pendant 50 minutes par les mélodies des frères Isley, et on ne voit pas le temps passer. La voix de Ronald y est évidemment pour quelque chose, à un tel point que je ne trouve pas les mots pour le décrire. Ce qui fait la richesse de ce Lp ce sont aussi les nombreuses collaborations, j’ai cité Snoop tout à l’heure, notons la présence de Lil’Kim sur le titre Body Kiss très torride.


Car toute cette diversité apporte une réelle fraîcheur à cet album, et pourtant l’ambiance devient rapidement très chaude (surtout si vous êtes en compagnie de votre moitié).  Ne l'oublions pas, la Soul music chante l’amour, et Ron Isley le chante de manière sensationnelle. Que ce soit heureux ou triste on ne peut rester insensible face à autant d’émotion, c’est brut, c’est Soul, c’est beau…

 

Je pense par exemple à « Take a ride », dont le riff à la guitare (joué en arpèges si je ne m’abuse et le solo qui est plutôt sympathique) vient soutenir la voix vibrante de Ron Isley ou encore « Prize Possession » avec l’intro au piano qui est du meilleur effet. Il n’y a vraiment rien à jeter (si ce n’est Snoop), cet album respire le travail et la qualité, si je devais sortir une chanson du lot je choisirais « Showdown ». Je n’ai pas vraiment à commenter, mieux vaut l’écouter pour prendre toute la mesure du talent de ces véritables musiciens.

 
 En conclusion, The Isley Brothers sont revenus très forts avec cet album dont les mélodies sont bien plus travaillées que dans la plupart des albums R’n’B actuels. Forts bien aidés par R.Kelly, ils ont fourni un album de qualité qui communique une émotion véritable dès la première écoute. Je reconnais que la sonorité des mélodies peut paraître un peu désuète mais c’est ainsi que vit la musique Soul grâce à ces dinosaures sur lesquels le temps n’a pas d’emprise.

Posté par shakakinte à 15:24 - R&B - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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